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À propos de ...

Nous sommes ravis de vous présenter sur cette page quelques portraits de personnalités emblématiques, reconnues pour leurs actions remarquables et leurs contributions exceptionnelles !

Vous connaissez sans doute la célèbre bière C.K. Perle,

mais savez-vous qui se cache derrière ces mystérieuses initiales ?

Charles Kleinknecht : Bâtisseur de la Brasserie «La Perle»

L'histoire de la bière en Alsace est marquée par des noms illustres, mais celui de Charles Jacques Kleinknecht occupe une place particulière. Entrepreneur visionnaire et technicien hors pair, il a transformé une petite brasserie locale en l'une des installations les plus modernes d'Europe.

Une vocation précoce et une formation européenne.

Né à Barr le 30 septembre 1879, Charles est le fils de Jean-Jacques Kleinknecht, un tonnelier-aubergiste rue de la Kirneck. Bien qu'il commence son apprentissage dans l'entreprise familiale, son regard se tourne rapidement vers l'industrie.  Sa soif d'apprendre le mène aux quatre coins de la région et au-delà :

Il effectue des stages à la brasserie Gruber en Alsace, puis en Allemagne à Heidelberg et Worms.  

Après son service militaire à Munich, il perfectionne sa pratique à la brasserie de Maxéville.  

À 21 ans, il couronne son parcours par un diplôme d'ingénieur-brasseur à l'École de brasserie de Nancy.

L’ascension de «La Perle»
Après avoir exercé comme directeur technique pendant 14 ans à la brasserie de l'Espérance, Charles Kleinknecht franchit une étape décisive en 1919 : il rachète la Brasserie de la Perle à Schiltigheim.  

Sous son impulsion, l'établissement connaît une métamorphose radicale. Décrit comme un homme loyal mais exigeant, ce « gros travailleur » agrandit et modernise les installations. Son ambition porte ses fruits : la brasserie devient un fleuron technologique européen, et la bière Perle s'exporte bientôt dans toute la France et à l'international.

Un engagement au-delà de la brasserie
L'influence de Charles Kleinknecht dépasse les murs de son usine. Reconnu pour son expertise, il occupe des postes de premier plan dans de nombreuses institutions :

Membre de l'Union générale des syndicats de la brasserie française.

Censeur de la Banque de France.

Chevalier de la Légion d'Honneur, distinction reçue le 31 mars 1939.

Un héritage familial et industriel.

La Seconde Guerre mondiale marque une parenthèse douloureuse. La famille quitte l'Alsace volontairement, pour n'y revenir qu'à la Libération, le 5 décembre 1944, afin de reprendre les rênes de l'entreprise.  En 1955, Charles prépare l'avenir en constituant une société anonyme avec ses proches. Parmi eux, sa fille Frédérique, qui marche dans les pas de son père en devenant la première femme ingénieur-brasseur diplômée de l'école de Nancy. À sa mort, en 1955 ses filles et ses gendres (Daniel Hamm et Jean-Jacques Grimm) assurent la continuité de l'entreprise.  Aujourd'hui, le nom de Charles Kleinknecht reste indissociable de l'âge d'or des brasseries de Schiltigheim, témoignant d'une époque où l'innovation technique et la passion familiale ont fait de la bière alsacienne une référence mondiale.  

1882 Brasserie Hoeffel.png

En 1919 Charles KLEINKNECHT rachète la brasserie Hoeffel

Sous sa direction, la Brasserie Perle devient un fleuron de l'industrie brassicole alsacienne.

Charles KLEINKNECHT décoré par Pierre PFLIMLIN en 1951

(photo DNA)

Vous connaissez probablement l'emplacement de la rue Adolphe Bossert à Barr, mais savez-vous qui il était réellement ?

Adolphe Bossert (1832-1922)

Né le 10 juin 1832 à Barr et décédé le 1er juin 1922 à Paris, Adolphe Bossert s'impose comme une figure cardinale de la germanistique universitaire et l'un des principaux architectes de la didactique des langues vivantes sous la Troisième République. Historien de la littérature allemande, professeur et inspecteur général de l'Instruction publique, son parcours et son œuvre témoignent d'un engagement profond au service de la connaissance et de la structuration de l'enseignement dans un contexte de redéfinition des relations franco-allemandes.

Formation et parcours académique

La trajectoire intellectuelle d'Adolphe Bossert se fonde sur une double formation doctorale en théologie protestante et en lettres, enrichie par une immersion précoce et approfondie dans la culture germanique. Cette base exceptionnellement solide a été le socle de sa future carrière d'expert, lui conférant une perspective unique et une érudition rare.
Après des études secondaires, il suit les cours de la faculté de théologie protestante et de la faculté des lettres de Strasbourg, où il se spécialise dans l'étude des antiquités germaniques et des langues orientales. Son cursus est jalonné par l'obtention du baccalauréat ès lettres en 1849, d'un doctorat en théologie en 1855, puis de la licence ès lettres en 1856. Attiré par la culture d'outre-Rhin, il entreprend ensuite des séjours d'étude à Paris, Berlin et Vienne afin de parfaire sa connaissance de la langue, de la littérature et des institutions allemandes. Cette période de formation rigoureuse trouve sa consécration en 1864, lorsqu'il obtient le titre de docteur ès lettres à la faculté de Paris.
Cette reconnaissance académique marque la fin de son apprentissage formel et ouvre la voie à une double carrière prestigieuse dans l'enseignement supérieur et la haute administration.

Adolphe BOSSERT.jpg

Une double carrière : Enseignement et Inspection

La carrière d'Adolphe Bossert s'est articulée autour de deux pôles complémentaires : l'enseignement universitaire, où il transmit sa passion pour la littérature allemande, et la haute fonction publique, où il joua un rôle déterminant dans la modernisation de l'enseignement des langues vivantes.
Sa carrière de professeur débute en 1867, lorsqu'il choisit d'assurer un cours complémentaire à la Sorbonne plutôt qu'un poste au lycée du prince impérial, marquant sa préférence pour l'enseignement supérieur. Sa progression est rapide : il est chargé d'un cours de littérature étrangère en 1871, avant d'être nommé professeur de cette même discipline dès 1872. Parallèlement, il est nommé à la faculté des lettres de Douai (1871-1883) avec les fonctions d'inspecteur des langues vivantes pour les lycées du Nord. Il dispense également des cours de langue allemande à l'École des mines mais ne parvient pas, vraisemblablement pour des «raisons d'ordre politique», à obtenir une chaire au Collège de France.
Son ascension au sein de l'administration de l'Instruction publique est tout aussi remarquable. Il devient inspecteur d'académie hors classe en 1883, puis inspecteur de l'Académie de Paris de 1883 à 1887. En 1886, il est délégué dans les fonctions d'inspecteur général des langues vivantes, avant d'être titularisé à ce poste le 30 mars 1887. Il exercera cette haute fonction jusqu'à son admission à la retraite en 1902, date à laquelle il reçoit le titre d'inspecteur général honoraire (IGH).
Son influence sur les examens nationaux atteste de son autorité. Acteur central de la validation des compétences en langues, il siège comme membre du jury de l'agrégation d'allemand de 1874 à 1882, puis en assure la présidence en 1885. Il préside également le jury de l'examen du certificat des langues vivantes en 1883 et 1884.
Parallèlement à cette carrière active, Adolphe Bossert a produit une œuvre écrite considérable, qui reflète à la fois ses recherches académiques et son engagement pédagogique.

Une œuvre prolifique et influente

L'œuvre écrite d'Adolphe Bossert se distingue par sa dualité, reflétant les deux facettes de sa carrière : d'une part, des travaux d'érudition sur l'histoire de la littérature allemande et, d'autre part, des manuels scolaires novateurs qui ont durablement marqué l'enseignement des langues vivantes en France.
Ses travaux d'historien de la littérature allemande témoignent de l'étendue de ses connaissances. Ses publications les plus significatives peuvent être regroupées ainsi :
•    Études générales et sur le Moyen Âge : La littérature allemande au Moyen Âge et les origines de l’épopée germanique (1870), Histoire abrégée de la littérature allemande depuis les origines jusqu’en 1870 (1881), Tristan et Iseult : Poème de Gotfrit de Strasbourg (1902).
•    Travaux sur les grandes figures littéraires et philosophiques : Goethe, ses précurseurs et ses contemporains (1872), Goethe et Schiller (1873), Schopenhauer, l'homme et le philosophe (1904), Un Prussien libéré. Herder, sa vie et son œuvre (1916), et l'ouvrage posthume Schopenhauer et ses disciples, d'après ses conversations et sa correspondance (1928).
•    Synthèses universitaires : Son Cours de littérature allemande fait à la Sorbonne (1870-1873), en trois volumes, fut plusieurs fois réédité.
Sa contribution à la pédagogie des langues est fondamentale. En collaboration avec la librairie Hachette et des co-auteurs comme Th. Beck et Alexandre Beljame, il a conçu des manuels au succès retentissant. Ses ouvrages phares, tels que la Grammaire élémentaire de la langue allemande (1887), Les Mots allemands groupés d'après le sens (1886, réédité jusqu'en 1947) et son équivalent pour l'anglais, Les Mots anglais groupés d'après le sens (1887), connurent un immense succès. Ces deux derniers manuels, fort répandus jusque vers 1930, servirent de référence et de modèle à de nombreux manuels publiés ultérieurement .
Enfin, son activité éditoriale s'étend à la rédaction de préfaces pour des ouvrages de Friedrich von Schiller (1872) et de Lya Berger (1910). Cette production intellectuelle de premier plan lui a logiquement valu une reconnaissance institutionnelle.

Distinctions et héritage

Les honneurs reçus par Adolphe Bossert consacrent une carrière dédiée au service de l'éducation nationale et à la diffusion raisonnée de la culture germanique en France. Cette reconnaissance témoigne de l'impact de son travail en tant que savant, pédagogue et grand commis de l'État.
Ses principales distinctions officielles comprennent :
•    Officier de la Légion d'honneur
•    Prix Bordin de l'Académie française (1874 et 1905)
•    Prix Marcelin Guérin de l'Académie française (1902)
L'héritage d'Adolphe Bossert est double. Il demeure une figure majeure de la germanistique française, mais il fut surtout l'un des architectes de la modernisation et de l'institutionnalisation de l'enseignement des langues vivantes dans le système éducatif de la Troisième République. Son option pour la nationalité française après l'annexion de l'Alsace en 1871 ne constitue pas un simple détail biographique ; elle est le fondement patriotique de son engagement. En tant qu'Alsacien, il consacra sa vie à construire des ponts culturels et à définir la place de la langue et de la littérature allemandes au sein du projet éducatif et républicain français.

Bibliographie

Œuvres principales
• La littérature allemande au Moyen Âge et les origines de l’épopée germanique (1870)
• Cours de littérature allemande fait à la Sorbonne, 3 vols. (1870-1873)
• Goethe, ses précurseurs et ses contemporains (1872)
• Goethe et Schiller (1873)
• Histoire abrégée de la littérature allemande depuis les origines jusqu’en 1870 (1881)
• Les mots allemands groupés d’après le sens (1886)
• Les mots anglais groupés d’après le sens, avec A. Beljame (1887)
• Grammaire élémentaire de la langue allemande (1896)
• Tristan et Iseult : Poème de Gotfrit de Strasbourg (1902)
• Schopenhauer, l'homme et le philosophe (1904)
• Un Prussien libéré. Herder, sa vie et son œuvre (1916)
• Schopenhauer et ses disciples, d'après ses conversations et sa correspondance (1928) (publication posthume)
Préfaces
• Préface à Lied de la cloche de Friedrich von Schiller, traduit par Paul Demeny (1872)
• Préface à Les Femmes poètes de l'Allemagne de Lya Berger (1910)

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