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À propos de ... nos villages
Sur cette page, vous allez découvrir, à travers des photos et cartes postales anciennes, des curiosités, des originalités et des événements marquants qui ont animé la vie quotidienne de nos villages.
De l'Exposition Universelle de 1900 aux Remparts d'Obernai :
L'odyssée de la Halle Gruber
Si les pierres d'Obernai nous parlent de moyen-âge et de renaissance, son fer forgé nous raconte une tout autre épopée. La Halle Gruber, qui abrite aujourd'hui voitures et marchés au pied des remparts, n'est pas une enfant du cru. C'est une voyageuse, née sous les projecteurs de la modernité parisienne avant de devenir une icône strasbourgeoise, puis obernoise.
Découvrez l'histoire de ce "puzzle géant" qui a traversé le siècle.
1900 : Le prestige de l'Exposition Universelle
Tout commence à Paris, où elle a été construite par les architectes Berninguer et Krafft pour la mythique Exposition Universelle de 1900. C’est l’ère de la tour Eiffel (encore jeune), de l’Art Nouveau et du triomphe du fer.
La structure métallique qui compose la Halle Gruber provient de cette exposition prestigieuse où la brasserie Gruber expose ses produits. Elle incarne alors le summum du savoir-faire industriel de l’époque : des colonnes en fonte élancées, des chapiteaux ornés et une charpente rivetée qui permet de couvrir de vastes espaces sans murs porteurs.
L'escale strasbourgeoise : La Brasserie Gruber et le "Grand Turc"
Après l'Exposition, la famille Gruber qui y avait exposé ses produits, eu l'idée de faire transférer et remonter la structure dans le quartier de Koenigshoffen, sur la Route des Romains, à proximité de sa brasserie.
Elle devient la halle de fêtes bal du célèbre restaurant "Au Grand Turc" où elle accueille des bals populaires, des banquets et des fêtes brassicoles. C'était l'endroit où l'on se montrait, où l'on dansait sous les verrières monumentales, dans une ambiance de brasserie parisienne transplantée au cœur de l'Alsace.
L'établissement ferma ses portes vers 1925 et la grande halle devint un entrepôt.
1985 : Le sauvetage in extremis
Dans les années 1980, le quartier change de visage. Le complexe Gruber est promis à la démolition pour laisser place à des projets immobiliers. La halle, décrépite, risque de finir chez le ferrailleur.
C'est sans compter sur la passion de l'architecte Paul Maechel. Convaincu que ce témoin de l'architecture métallique du XIXe siècle est un chef-d’œuvre à préserver, il parvient à convaincre les autorités de sa valeur. La structure est démontée pièce par pièce, chaque rivet répertorié, chaque poutre numérotée. Elle restera stockée en pièces détachées pendant plusieurs années, tel un squelette d'acier attendant sa résurrection.
1998 : La renaissance à Obernai
À la fin des années 90, la ville d'Obernai cherche une solution pour son stationnement et ses événements culturels près des remparts. L'idée est lancée : pourquoi ne pas réutiliser la structure Gruber ?
Le projet est un succès. Remontée sur le parking des Remparts, la halle retrouve sa superbe, bien que débarrassée de ses parois vitrées pour rester un espace ouvert et fonctionnel.
Pourquoi elle est unique aujourd'hui :
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Un style "Eiffel" : Admirez les détails des fontes et la finesse des courbes, typiques du style 1900.
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Un recyclage noble : Bien avant que l'écologie soit à la mode, la Halle Gruber a été l'un des plus grands exemples de "réemploi" architectural en Alsace.
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Une vie polyvalente : Elle accueille aujourd'hui le marché , des brocantes, de multiples manifestations festives, sportives ou artistiques et protège les visiteurs des intempéries.

Cette lithographie quelque peu fantaisiste, permet cependant de se faire une idée de la splendeur cette halle et de son usage vers 1900.

Le restaurant "Zum Grossen Türken" : la salle se trouvait à l'arrière du restaurant.

Un détail capté avant le démontage de la halle:
la marque de la brasserie Gruber.

La halle remontée à Obernai aux dimensions de 36,2m x18,6m.
Miraculé à Epfig : L’incroyable sauvetage du charpentier de Sélestat
C’est une histoire qui semble tout droit sortie d’un roman d’aventure, et pourtant, elle a tenu en haleine toute la population d’Epfig en février 1866. Entre drame imminent et solidarité héroïque, retour sur quarante-huit heures d’angoisse sous la terre.
Un chantier à haut risque
Tout commence par un puits menaçant ruine que les ouvriers locaux n'osaient plus approcher. Trois maçons et deux charpentiers venus de Sélestat, plus téméraires, acceptent de relever le défi. Alors que les travaux de reconstruction avaient déjà atteint plus de 20 mètres de profondeur, un incident technique tourne au drame.
En voulant dégager quelques moellons gênants, un charpentier provoque l'irréparable : les parois s'effondrent, comblant instantanément le puits et emprisonnant l'ouvrier sous des tonnes de gravats.
Une course contre la montre
La stupeur passée, une mobilisation sans précédent s'organise. Maçons et charpentiers de la commune creusent sans relâche, nuit et jour, évacuant la terre à l'aide de bannes manœuvrées par des hommes "vigoureux et disciplinés".
L'espoir renaît lorsqu'on perçoit des oscillations sur une corde plongeant dans les décombres. Contre toute attente, des sons étouffés remontent du gouffre. Le préfet lui-même, dépêché sur place avec un architecte, descend au fond de l'excavation pour parler au "pauvre patient" et lui redonner courage.
Le "palais" souterrain et la survie
Le 1er mars, entre deux et trois heures du matin, le miracle s'accomplit : l'ouvrier est extrait sain et sauf. Son récit est stupéfiant :
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Une ascension héroïque : Coincé au fond, il a réussi à grimper de 10 mètres dans le noir total en s'agrippant aux parois pour s'abriter sous une voûte formée par des décombres.
Le calme olympien : Ignorant la gravité de sa situation, il a passé le temps... en fumant un paquet de tabac retrouvé dans sa poche.
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Un bilan léger : Malgré 180 mètres cubes de terre remués pour le sortir de là, il ne souffre que de quelques contusions, notamment à l'œil droit.

Un élan de solidarité exemplaire
La fin de l'aventure est touchante. Une quête spontanée parmi les curieux a permis de récolter 150 francs pour aider ce père de famille, dont la femme attendait alors un quatrième enfant et le sous-préfet de Sélestat est revenu féliciter les sauveteurs, saluant leur dévouement et leur intelligence face au danger.
Une petite anecdote prête tout de même à sourire : dans l'euphorie de la délivrance, la foule a tellement escorté le rescapé vers son lit que les sauveteurs, restés au fond du trou, ont été momentanément oubliés par leurs camarades !
Source : D'après les articles du Niederrheinischer Kurier des 1er et 2 mars 1866.
L’énigme du puits disparu : un trésor de la Renaissance caché à Barr
C’est une page d’histoire qui se tourne, ou plutôt qui revient à sa source. La ville de Barr a récemment célébré la restitution d’une pierre sculptée exceptionnelle, vestige d’un ancien puits de la Renaissance, grâce à la générosité d’un donateur particulier, Monsieur Evangelista.
L’origine : un puits de prestige au XVIe siècle
Tout commence avec les comptes d’Apolinaris Kayser, le Heimburger (magistrat local) de l’époque. Sur huit pages détaillées, il relate la construction d'un puits communal. Ce n'était pas une mince affaire !
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Matériaux de choix : Des experts furent envoyés à Rosheim pour inspecter la pierre de taille.
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Logistique médiévale : Les chaînes et les seaux furent rapportés de Strasbourg. Un voyage de deux jours avec chevaux et charrette !
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L'art du détail : On y mentionne le travail du maître d'œuvre, du tailleur de pierre et du serrurier pour les ferrures.
À l'époque, chaque étape du chantier était prétexte à "se restaurer" aux frais de la communauté. Que ce soit à Bœrsch lors du transport ou à l'auberge du Brochet à Barr, la convivialité était déjà une tradition bien ancrée !
Ce puits, connu sous le nom de « Ketten-Bronnen » (puits à chaînes), trônait fièrement sur la place de l’Hôtel de Ville. Ce n’est que vers 1800 qu’il fut transformé en fontaine publique (Röhrbrunnen).

La pierre sculptée conservée par la ville de Barr
Un sauvetage par le réemploi
Lors de la transformation ou du démantèlement de l’ouvrage original, certains éléments décoratifs furent sauvés de la destruction. Le docteur Sultzer fit placer le couronnement du puits au-dessus de la porte de son jardin, sur le chemin du Gaensbroennel.
C’est cette pièce précise qui est parvenue jusqu’à nous. Sculptée en forme de tympan semi-circulaire, elle présente deux faces distinctes:
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À l’avers : deux dragons affrontés, un motif typique de l’iconographie de la Renaissance, accompagnés des initiales « B.K.H. » (pour Boll Kaiser Heimburger).
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Les deux dragons affrontés : Une sculpture typique du XVIe siècle, pleine de caractère.
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Au revers : une sculpture en forme de coquille Saint-Jacques, clin d’œil à l’imagerie médiévale.

Dessin publié dans l'annuaire DBO de 1974
Une restitution pour le patrimoine public
La pierre était demeurée fixée au-dessus de l’entrée d’un bâtiment situé chemin du Gaensbroennel. Suite à la démolition récente de cette bâtisse, son propriétaire, Monsieur Evangelista, a fait le choix noble de la restituer gracieusement à la commune.
Ce geste permet de clore un cycle de plusieurs siècles de déplacements. La Ville de Barr a annoncé que ce vestige rare sera prochainement mis en valeur par les services techniques dans les jardins du musée de la Folie Marco. Exposé au public, ce témoin du XVIe siècle offrira désormais aux visiteurs un aperçu tangible et fascinant de la richesse architecturale de Barr à la Renaissance.
Barr, 1911 : Un cru exceptionnel pour la Realschule !
Alors que la ville de Barr vivait au rythme de l’administration allemande, l’année 1911 a marqué les esprits par les performances scolaires remarquables de sa Realschule. Plongeons dans les archives locales pour redécouvrir ce moment où la jeunesse barroise brillait par son excellence.
Un examen marathon pour un sésame précieux
À cette époque, les élèves de la classe supérieure se présentaient à la fameuse "Einjährigenprüfung". Ce diplôme n'était pas qu'une simple reconnaissance académique: il permettait de réduire la durée du service militaire à un an seulement, un privilège de prestige dans l'Allemagne d'avant-guerre.
L'épreuve, présidée par le Directeur Prof. Süffert, était particulièrement exigeante. Elle débutait dès 7h00 du matin pour ne s'achever qu'à 18h30, avec une seule pause à la mi-journée.
100% de réussite : les noms de l'excellence.
Le journal de l'époque relate avec fierté que l'ensemble des 16 candidats ont été reçus. Parmi ces jeunes diplômés, on retrouve des noms qui résonnent encore dans l'histoire de Barr et des communes voisines :
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Karl et Paul Baumhauer (Barr): s'orientant vers le commerce et les études supérieures.
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Gustav et Johann Kügler (Gertwiller): destinés à reprendre les rênes du négoce de vin familial.
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Karl Wingert (Barr) : futur entrepreneur de transport.
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Paul Gisselbrecht (Dambach): se dirigeant vers le secteur bancaire.
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Karl Klein (Stotzheim) et Luzian Schäffer (Epfig): l'un vers le commerce, l'autre vers l'administration.

Plus qu'une école, un centre de vie
La Realschule n'était pas seulement un lieu d'étude. Elle était le cœur d'une vie sociale et sportive intense. Parallèlement aux succès académiques, les élèves s'illustraient aussi sur le terrain. Le club de football de la Realschule Barr affrontait alors avec passion des équipes comme le Germania Erstein ou l'Oberrealschule de Colmar sur le terrain du Gutleutrain.
Un héritage préservé
Aujourd'hui, le bâtiment du collège, avec son horloge familière, reste le témoin de cette période de rigueur et d'ambition. Ces résultats de 1911 nous rappellent que l'excellence scolaire est une tradition de longue date au pied du Mont Sainte-Odile.
Le tragique destin de la «Vieille Maison» d'Andlau : un joyau disparu
Il est des archives qui, une fois réunies, racontent une histoire bien plus grande que de simples faits divers. En croisant une coupure de presse jaunie et une carte postale d'époque, nous avons redécouvert le destin brisé d'un fleuron de l'architecture alsacienne à Andlau.
Une splendeur de colombages
Sur cette carte postale ancienne, la légende est sobre : «Andlau — Vieille Maison Alsacienne». Mais le visuel, lui, est époustouflant. On y découvre une bâtisse imposante, véritable chef-d'œuvre de pans de bois, avec ses étages en encorbellement et ses pignons sculptés qui se dressent fièrement vers le ciel.
Selon les récits de l'époque, cette maison — située sur la route du Hohwald — possédait un faîtage en forme de croix qui rappelait, par sa finesse, la construction de la célèbre église abbatiale d'Andlau. C'était plus qu'une habitation; c'était un témoin vivant du savoir-faire des artisans alsaciens d'autrefois.[1]

La nuit où tout a basculé
Le drame survient le 17 septembre 1908, aux alentours de 15 heures. Un incendie d'une violence rare se déclare et se propage rapidement à trois maisons contiguës. Malgré les efforts désespérés des habitants, la «vieille maison» devient le centre de toutes les attentions. Le texte de l'époque nous rapporte avec émotion que : «Mitleid und Interesse bewegten fleißig schaffende Hände, um vor allem das dritte, das an der Straße nach Hohwald gelegene sogenannte "alte Haus“ zu retten.» (La compassion et l'intérêt général poussèrent de nombreuses mains laborieuses à s'activer, afin de sauver tout particulièrement la «vieille maison»).
Un adieu mélancolique au patrimoine
Hélas, les pompiers locaux, dépassés par l'ampleur du brasier, ne purent sauver l'édifice. Ce jour-là, c'est une part de l'identité d'Andlau qui s'est envolée en fumée. [2]
L'auteur de l'article de presse conclut par une note poignante, citant Schiller pour décrire le spectacle de désolation laissé par les flammes : « Dans les cavités béantes des fenêtres règne l'épouvante ».
Aujourd'hui, il ne nous reste que ces images et ces quelques lignes pour imaginer la silhouette de cette maison qui fut, durant des siècles, l'orgueil de sa rue. Elle nous rappelle la fragilité de notre patrimoine et l'importance de préserver ce qui tient encore debout.
[1] L'ancien député Sigrist racontait: Lors de la reconstruction de la nef de l'abbatial, fin XVIIe, deux charpentiers étaient en lice. Celui des deux qui n'a pas été retenu pour l'abbatiale aurait alors entrepris la construction de la "Vieille Maison" pour démontrer son savoir-faire.
[2] Les propriétaire n'avait pas les moyens de faire reconstruire. Une partie des poutres ouvragées fut récupérée, pour orner la maison d'un particulier du Val de Villé.
Sources : Gallica - Der Elsässer 18-09-1908 - ANDLAU Regard sur le XXe siècle.
Le Hohwald 1911 - Abattage du "Grand Sapin"
Le 14 février 1911 restera une date marquante pour la forêt du Hohwald. Ce jour-là, le « Grand Sapin », véritable monument naturel des Vosges, a définitivement rejoint la terre, mettant fin à plus de trois siècles d'existence.
Des dimensions vertigineuses
Pour se rendre compte de la stature de ce colosse, les chiffres parlent d'eux-mêmes :
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Hauteur : Environ 45 mètres.
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Épaisseur : 4,62 mètres de diamètre à la base.
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Âge : Estimé à 350 ans au moment de sa coupe.
Un arrêt de mort inéluctable
La décision de l'abattage n'a pas été prise à la légère. Lors d'une inspection de la forêt communale par le conseil municipal de la ville de Strasbourg, le verdict est tombé : les jours de la «Grosse Tanne» étaient comptés. Depuis deux ans, cet arbre gigantesque, âgé de 350 ans, montrait des signes de dépérissement si marqués qu'il devenait impossible d'attendre davantage si l'on souhaitait encore pouvoir exploiter son bois.

Sur les clichés souvenirs pris le jour de sa chute, le tronc débité en sections massives témoigne de cette démesure, les ouvriers paraissant presque minuscules à côté des cernes de croissance du géant.
Un héritage de géants
Si le Grand Sapin du Hohwald impressionnait, l'histoire forestière de la région a connu d'autres spécimens plus imposants encore. Les archives mentionnent notamment «die Tanne von Rückert»[*], abattue le 3 juin 1816. Bien que plus jeune (300 ans), elle affichait un diamètre record de 5 mètres. Une section de cet arbre historique avait d'ailleurs été conservée au Musée d'Histoire Naturelle de Strasbourg, rappelant aux générations futures la puissance des forêts d'autrefois.
Aujourd'hui, si cette «Grosse Tanne» a disparu, la forêt du Hohwald abrite encore de nombreux spécimens remarquables, perpétuant la légende de ces cathédrales de bois qui font la fierté du patrimoine forestier alsacien.
[*]«die Tanne von Rückert» était située près de la cascade du Hohwald: ce devait être un arbre remarquable puisque son souvenir est venu jusqu’à nous. Il était tricentenaire et fut abattu en 1816. Friedrich Rückert a écrit à cette occasion, à 28 ans, un long poème plein de charme certes, mais aussi teinté de nationalisme allemand.

Goxwiller - La Consécration d'une cloche en 1925
Imaginez l'effervescence incroyable qui régnait à Goxwiller ce dimanche 15 novembre 1925 !
L'air était vif, les cœurs débordaient de chaleur et d'excitation. Pour toute la communauté et les nombreux invités venus de tous horizons, c'était un jour de pure joie. Dix jours seulement après son arrivée triomphale, le village fêtait la consécration de la nouvelle cloche pour l'église simultanée. Cet événement n'était pas qu'une simple cérémonie; c'était un véritable symbole de bonheur collectif d'un renouveau tant attendu. Dans les rues et les foyers, on sentait l'effervescence d'une fête mémorable, dont le point culminant spirituel serait le grand service divin.
Dans l'après-midi la communauté protestante a célébré avec joie la réception de sa nouvelle cloche lors d'un service divin empreint de solennité, dans une église fraîchement rénovée grâce à l'engagement du conseil municipal. Deux interventions inspirantes ont marqué le début de cérémonie.
Pour ce moment fondateur, l'Inspecteur ecclésiastique Johann Adam de Dorlisheim, un passionné de notre histoire religieuse alsacienne, a éclairé le présent en puisant dans le passé. Ce parallèle saisissant a apporté une profondeur incroyable la cérémonie pour l'auditoire de 1925.
Le Pasteur Freyss de Mittelbergheim, président du Consistoire de Barr, a ensuite pris la parole pour adresser des mots d'accueil chaleureux, enrichis de souvenirs qui ont touché le cœur de l'assemblée.
L'église était comble lorsque le pasteur local, H. Kuhlmann est monté en chaire. Son sermon, tant par sa forme que par son propos inspirant, a captivé l'auditoire. Il a articulé son message autour de l'inscription gravée sur le bronze de la nouvelle cloche, un vœu universel et intemporel : "Paix sur la terre". Il a ensuite développé une prédication émouvante sur la paix entre Dieu et' l'humanité, ainsi que sur la paix entre hommes, avec une insistance particulièrement touchante.
La cérémonie s'est ensuite enflammée grâce à la musique et à la poésie, enrichissant l'événement et s'harmonisant parfaitement avec les chants de la communauté. Le chœur d'hommes "Echo", dirigé avec brio par le "Lehrerorganisten" Wehr, a magistralement interprété un quatuor envoûtant ("die Himmel rühmen"). Une dame de Goxwiller a également captivé l'audience en récitant avec sensibilité le poème "La Cloche" de Schiller.
Après la cérémonie, les invités se sont rassemblés au presbytère pour un goûter ("Imbiss") convivial simple mais chaleureux. Ce moment de partage a été particulièrement marquant, illustrant l'esprit d'unité du jour : la parfaite harmonie entre les confessions. La présence du recteur catholique d'Obernai, H. Spiegler accompagné de ses vicaires, a rayonné et symbolisé cette belle entente. Le chroniqueur de l'époque a souligné la portée de ce geste.
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L'église de Goxwiller entre les deux guerres (coll. particulière)
Au cœur des conversations animées, un hommage a également été rendu aux artisans de la fonderie Causard de Colmar. Ce rassemblement a prouvé que la liesse de Goxwiller transcendait les frontières des confessions, célébrant une humanité partagée. Le 15 novembre1925 à Goxwiller a été bien plus qu'une simple consécration c'était un puissant symbole de paix, d'unité et de renouveau après des années d'épreuves. La nouvelle cloche n'appelait pas seulement les fidèles à la prière ; sa voix neuve portait un message d'espoir pour l'avenir.
Ce récit se termine sur une note optimiste, élargissant la perspective à toute la région : très bientôt, une fois l'église protestante d'Obernai équipée, les paroisses du consistoire disposeront à nouveau d'un carillon complet. La voix de Goxwiller n'était donc pas seule ; elle annonçait le début d'un grand chœur de cloches, symbole de la renaissance matérielle et spirituelle de toute une région.
Que s'est-il passé le 12 juin 1932 à Heiligenstein ?
Le 12 juin 1932, le village de Heiligenstein a célébré l'inauguration du kiosque du Moenkalb, un événement marquant décrit comme une véritable fête populaire ayant réuni plus de 600 personnes. Cet « abri », situé sur la colline du Moenkalb, a été érigé par le maître charpentier Lutz sous l'impulsion de la Société d'Embellissement de Heiligenstein.
Lors des festivités, le président Heywang et le maire Edouard Meckert ont souligné que cet édifice symbolise les efforts de modernisation pour favoriser le tourisme et le développement viticole de la commune. Le député Dr Oberkirch et M. Müller-Apffel président du club vosgien de Barr, ont loué la vue panoramique exceptionnelle offerte par l'emplacement, permettant d'admirer les Alpes, la Forêt-Noire et la cathédrale de Strasbourg.
La cérémonie a été ponctuée de discours poétiques, notamment un poème en dialecte de M. Muller-Apffel célébrant la beauté de l'Alsace et la bonne entente avec le Club Vosgien. L'événement, animé par l'« Union Musicale », s'est achevé dans une ambiance harmonieuse, confiant la protection de cette nouvelle structure à la vigilance du public. Ce monument reste encore de nos jour un jalon du travail bénévole pour la mise en valeur du paysage local.
Source: Journal de Barr du 18-06-1932

Un groupe de promeneurs endimanchés devant le kiosque le jour de son inauguration
(Photo confiée par Christiane Guth)
Fer die frendli Inladong
Zue de hitig Inweihong.
Duen mer Barre beschtens danke,
Bravo, fer de guet Gedanke,
Wo het ghet en Heljestein.
Dr Verschenerongsverein,
E Pavillon, do nof zu setze.
Des esch net genüc ze schätze.
Gschmachvoll esch die Harstellong,
On die solid Uefichrong.
Mien me äu ofrechti lowe,
S’esch e rachti Zier do howe!
On mancher, bi Storm on Wend,
Gar garn do an Obdach fend.
Guet esch’s of’m Menkalb rueje
On zuem Kiosk nüs ze lueeje;
Dann en aller Herlichkät.
Dahnt sech vor ons wit on brät.
Wie e ferwericher Debbi,
D’Falder, d’Städt, die Derfer alli;
On Strassborjer Menschter aü
Seht m’r schon met bosossem Aeu.
Wo mer leujt, vo alle Side,
En dr Nahe, en deer Wide.
Esch dr Anblick interessant,
Of dam scheene Elsassland.
Sudli, wo dr Schwarzwald-Krett
Wann mr s’genschdi Watter het,
Kann mr sahn, obwohl net hifi,
D‘ Barner Glatscher on Geberi!
Dar Abri kann lang ney bliewe,
Wann mr net glich duet verschriewe
On verkretze alli Wand,
On se dommerwies verschand,
Met de Bleywiss, Kried on Kohle,
des soll doch dr Kücckück hole!
Wie mr en dam ani senn,
Due mr ons äu schonscht verstehn,
Met Fräd esch ze konstatiere,
Dass mr Hand en Hand marschiere,
D‘ gliche Ziel ha mer gemän,
Onser Club, Ejer Verän.
Dr Société d’Embellissement,
Em Comité, em Président,
Wensche mr drom farnerhen,
Alles Glecks on Wohlergehen!