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À propos de ... nos villages
Sur cette page, vous allez découvrir, à travers des photos et cartes postales anciennes, des curiosités, des originalités et des événements marquants qui ont animé la vie quotidienne de nos villages.
Le tragique destin de la «Vieille Maison» d'Andlau : un joyau disparu
Il est des archives qui, une fois réunies, racontent une histoire bien plus grande que de simples faits divers. En croisant une coupure de presse jaunie et une carte postale d'époque, nous avons redécouvert le destin brisé d'un fleuron de l'architecture alsacienne à Andlau.
Une splendeur de colombages
Sur cette carte postale ancienne, la légende est sobre : «Andlau — Vieille Maison Alsacienne». Mais le visuel, lui, est époustouflant. On y découvre une bâtisse imposante, véritable chef-d'œuvre de pans de bois, avec ses étages en encorbellement et ses pignons sculptés qui se dressent fièrement vers le ciel.
Selon les récits de l'époque, cette maison — située sur la route du Hohwald — possédait un faîtage en forme de croix qui rappelait, par sa finesse, la construction de la célèbre église abbatiale d'Andlau. C'était plus qu'une habitation; c'était un témoin vivant du savoir-faire des artisans alsaciens d'autrefois.[1]

La nuit où tout a basculé
Le drame survient le 17 septembre 1908, aux alentours de 15 heures. Un incendie d'une violence rare se déclare et se propage rapidement à trois maisons contiguës. Malgré les efforts désespérés des habitants, la «vieille maison» devient le centre de toutes les attentions. Le texte de l'époque nous rapporte avec émotion que : «Mitleid und Interesse bewegten fleißig schaffende Hände, um vor allem das dritte, das an der Straße nach Hohwald gelegene sogenannte "alte Haus“ zu retten.» (La compassion et l'intérêt général poussèrent de nombreuses mains laborieuses à s'activer, afin de sauver tout particulièrement la «vieille maison»).
Un adieu mélancolique au patrimoine
Hélas, les pompiers locaux, dépassés par l'ampleur du brasier, ne purent sauver l'édifice. Ce jour-là, c'est une part de l'identité d'Andlau qui s'est envolée en fumée. [2]
L'auteur de l'article de presse conclut par une note poignante, citant Schiller pour décrire le spectacle de désolation laissé par les flammes : « Dans les cavités béantes des fenêtres règne l'épouvante ».
Aujourd'hui, il ne nous reste que ces images et ces quelques lignes pour imaginer la silhouette de cette maison qui fut, durant des siècles, l'orgueil de sa rue. Elle nous rappelle la fragilité de notre patrimoine et l'importance de préserver ce qui tient encore debout.
[1] L'ancien député Sigrist racontait: Lors de la reconstruction de la nef de l'abbatial, fin XVIIe, deux charpentiers étaient en lice. Celui des deux qui n'a pas été retenu pour l'abbatiale aurait alors entrepris la construction de la "Vieille Maison" pour démontrer son savoir-faire.
[2] Les propriétaire n'avait pas les moyens de faire reconstruire. Une partie des poutres ouvragées fut récupérée, pour orner la maison d'un particulier du Val de Villé.
Sources : Gallica - Der Elsässer 18-09-1908 - ANDLAU Regard sur le XXe siècle.
Le Hohwald 1911 - Abattage du "Grand Sapin"
Le 14 février 1911 restera une date marquante pour la forêt du Hohwald. Ce jour-là, le « Grand Sapin », véritable monument naturel des Vosges, a définitivement rejoint la terre, mettant fin à plus de trois siècles d'existence.
Des dimensions vertigineuses
Pour se rendre compte de la stature de ce colosse, les chiffres parlent d'eux-mêmes :
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Hauteur : Environ 45 mètres.
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Épaisseur : 4,62 mètres de diamètre à la base.
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Âge : Estimé à 350 ans au moment de sa coupe.
Un arrêt de mort inéluctable
La décision de l'abattage n'a pas été prise à la légère. Lors d'une inspection de la forêt communale par le conseil municipal de la ville de Strasbourg, le verdict est tombé : les jours de la «Grosse Tanne» étaient comptés. Depuis deux ans, cet arbre gigantesque, âgé de 350 ans, montrait des signes de dépérissement si marqués qu'il devenait impossible d'attendre davantage si l'on souhaitait encore pouvoir exploiter son bois.

Sur les clichés souvenirs pris le jour de sa chute, le tronc débité en sections massives témoigne de cette démesure, les ouvriers paraissant presque minuscules à côté des cernes de croissance du géant.
Un héritage de géants
Si le Grand Sapin du Hohwald impressionnait, l'histoire forestière de la région a connu d'autres spécimens plus imposants encore. Les archives mentionnent notamment «die Tanne von Rückert»[*], abattue le 3 juin 1816. Bien que plus jeune (300 ans), elle affichait un diamètre record de 5 mètres. Une section de cet arbre historique avait d'ailleurs été conservée au Musée d'Histoire Naturelle de Strasbourg, rappelant aux générations futures la puissance des forêts d'autrefois.
Aujourd'hui, si cette «Grosse Tanne» a disparu, la forêt du Hohwald abrite encore de nombreux spécimens remarquables, perpétuant la légende de ces cathédrales de bois qui font la fierté du patrimoine forestier alsacien.
[*]«die Tanne von Rückert» était située près de la cascade du Hohwald: ce devait être un arbre remarquable puisque son souvenir est venu jusqu’à nous. Il était tricentenaire et fut abattu en 1816. Friedrich Rückert a écrit à cette occasion, à 28 ans, un long poème plein de charme certes, mais aussi teinté de nationalisme allemand.

Goxwiller - La Consécration d'une cloche en 1925
Imaginez l'effervescence incroyable qui régnait à Goxwiller ce dimanche 15 novembre 1925 !
L'air était vif, les cœurs débordaient de chaleur et d'excitation. Pour toute la communauté et les nombreux invités venus de tous horizons, c'était un jour de pure joie. Dix jours seulement après son arrivée triomphale, le village fêtait la consécration de la nouvelle cloche pour l'église simultanée. Cet événement n'était pas qu'une simple cérémonie; c'était un véritable symbole de bonheur collectif d'un renouveau tant attendu. Dans les rues et les foyers, on sentait l'effervescence d'une fête mémorable, dont le point culminant spirituel serait le grand service divin.
Dans l'après-midi la communauté protestante a célébré avec joie la réception de sa nouvelle cloche lors d'un service divin empreint de solennité, dans une église fraîchement rénovée grâce à l'engagement du conseil municipal. Deux interventions inspirantes ont marqué le début de cérémonie.
Pour ce moment fondateur, l'Inspecteur ecclésiastique Johann Adam de Dorlisheim, un passionné de notre histoire religieuse alsacienne, a éclairé le présent en puisant dans le passé. Ce parallèle saisissant a apporté une profondeur incroyable la cérémonie pour l'auditoire de 1925.
Le Pasteur Freyss de Mittelbergheim, président du Consistoire de Barr, a ensuite pris la parole pour adresser des mots d'accueil chaleureux, enrichis de souvenirs qui ont touché le cœur de l'assemblée.
L'église était comble lorsque le pasteur local, H. Kuhlmann est monté en chaire. Son sermon, tant par sa forme que par son propos inspirant, a captivé l'auditoire. Il a articulé son message autour de l'inscription gravée sur le bronze de la nouvelle cloche, un vœu universel et intemporel : "Paix sur la terre". Il a ensuite développé une prédication émouvante sur la paix entre Dieu et' l'humanité, ainsi que sur la paix entre hommes, avec une insistance particulièrement touchante.
La cérémonie s'est ensuite enflammée grâce à la musique et à la poésie, enrichissant l'événement et s'harmonisant parfaitement avec les chants de la communauté. Le chœur d'hommes "Echo", dirigé avec brio par le "Lehrerorganisten" Wehr, a magistralement interprété un quatuor envoûtant ("die Himmel rühmen"). Une dame de Goxwiller a également captivé l'audience en récitant avec sensibilité le poème "La Cloche" de Schiller.
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L'église de Goxwiller entre les deux guerres (coll. particulière)
Après la cérémonie, les invités se sont rassemblés au presbytère pour un goûter ("Imbiss") convivial simple mais chaleureux. Ce moment de partage a été particulièrement marquant, illustrant l'esprit d'unité du jour : la parfaite harmonie entre les confessions. La présence du recteur catholique d'Obernai, H. Spiegler accompagné de ses vicaires, a rayonné et symbolisé cette belle entente. Le chroniqueur de l'époque a souligné la portée de ce geste.
Au cœur des conversations animées, un hommage a également été rendu aux artisans de la fonderie Causard de Colmar. Ce rassemblement a prouvé que la liesse de Goxwiller transcendait les frontières des confessions, célébrant une humanité partagée. Le 15 novembre1925 à Goxwiller a été bien plus qu'une simple consécration c'était un puissant symbole de paix, d'unité et de renouveau après des années d'épreuves. La nouvelle cloche n'appelait pas seulement les fidèles à la prière ; sa voix neuve portait un message d'espoir pour l'avenir.
Ce récit se termine sur une note optimiste, élargissant la perspective à toute la région : très bientôt, une fois l'église protestante d'Obernai équipée, les paroisses du consistoire disposeront à nouveau d'un carillon complet. La voix de Goxwiller n'était donc pas seule ; elle annonçait le début d'un grand chœur de cloches, symbole de la renaissance matérielle et spirituelle de toute une région.
Que s'est-il passé le 12 juin 1932 à Heiligenstein ?
Le 12 juin 1932, le village de Heiligenstein a célébré l'inauguration du kiosque du Moenkalb, un événement marquant décrit comme une véritable fête populaire ayant réuni plus de 600 personnes. Cet « abri », situé sur la colline du Moenkalb, a été érigé par le maître charpentier Lutz sous l'impulsion de la Société d'Embellissement de Heiligenstein.
Lors des festivités, le président Heywang et le maire Edouard Meckert ont souligné que cet édifice symbolise les efforts de modernisation pour favoriser le tourisme et le développement viticole de la commune. Le député Dr Oberkirch et M. Müller-Apffel président du club vosgien de Barr, ont loué la vue panoramique exceptionnelle offerte par l'emplacement, permettant d'admirer les Alpes, la Forêt-Noire et la cathédrale de Strasbourg.
La cérémonie a été ponctuée de discours poétiques, notamment un poème en dialecte de M. Muller-Apffel célébrant la beauté de l'Alsace et la bonne entente avec le Club Vosgien. L'événement, animé par l'« Union Musicale », s'est achevé dans une ambiance harmonieuse, confiant la protection de cette nouvelle structure à la vigilance du public. Ce monument reste encore de nos jour un jalon du travail bénévole pour la mise en valeur du paysage local.
Source: Journal de Barr du 18-06-1932

Un groupe de promeneurs endimanchés devant le kiosque le jour de son inauguration
(Photo confiée par Christiane Guth)
Fer die frendli Inladong
Zue de hitig Inweihong.
Duen mer Barre beschtens danke,
Bravo, fer de guet Gedanke,
Wo het ghet en Heljestein.
Dr Verschenerongsverein,
E Pavillon, do nof zu setze.
Des esch net genüc ze schätze.
Gschmachvoll esch die Harstellong,
On die solid Uefichrong.
Mien me äu ofrechti lowe,
S’esch e rachti Zier do howe!
On mancher, bi Storm on Wend,
Gar garn do an Obdach fend.
Guet esch’s of’m Menkalb rueje
On zuem Kiosk nüs ze lueeje;
Dann en aller Herlichkät.
Dahnt sech vor ons wit on brät.
Wie e ferwericher Debbi,
D’Falder, d’Städt, die Derfer alli;
On Strassborjer Menschter aü
Seht m’r schon met bosossem Aeu.
Wo mer leujt, vo alle Side,
En dr Nahe, en deer Wide.
Esch dr Anblick interessant,
Of dam scheene Elsassland.
Sudli, wo dr Schwarzwald-Krett
Wann mr s’genschdi Watter het,
Kann mr sahn, obwohl net hifi,
D‘ Barner Glatscher on Geberi!
Dar Abri kann lang ney bliewe,
Wann mr net glich duet verschriewe
On verkretze alli Wand,
On se dommerwies verschand,
Met de Bleywiss, Kried on Kohle,
des soll doch dr Kücckück hole!
Wie mr en dam ani senn,
Due mr ons äu schonscht verstehn,
Met Fräd esch ze konstatiere,
Dass mr Hand en Hand marschiere,
D‘ gliche Ziel ha mer gemän,
Onser Club, Ejer Verän.
Dr Société d’Embellissement,
Em Comité, em Président,
Wensche mr drom farnerhen,
Alles Glecks on Wohlergehen!